Revue N°96 - Janvier 2026

Edito

Népal, Sri Lanka, Bangladesh, Indonésie, Philippines, Kenya, Madagascar, Maroc, Pérou… Dans ces pays du Sud, depuis 2022, une partie de la jeunesse conteste l’ordre établi et parvient – parfois – à déstabiliser des élites corrompues.
Ces protestations sont menées par la « Génération Z », née entre 1997 et 2012. Ces jeunes, que l’on surnomme aussi les « zoomers » (du verbe anglais to zoom, « aller à toute vitesse ») pour évoquer leur agilité numérique, ont grandi avec Instagram, Discord ou TikTok et sont ultra-connectés… Ils se revendiquent non politisés, pacifistes et citoyens. Ils ne cherchent pas à conquérir le pouvoir, mais réclament simplement un avenir vivable.
Ces mouvements de contestation qui transcendent les frontières sont nés d’une indignation collective existentielle et se sont structurés sans leader unique. Les slogans, partout les mêmes, réclament une meilleure répartition des richesses, des systèmes scolaires et médicaux qui fonctionnent, des accès permanents à l’eau et à l’électricité, la possibilité de trouver du travail avec son diplôme et de connaître une ascension sociale…
Il ne s’agit pas de révoltes passagères, mais d’un changement générationnel profond à travers la planète qui laisse entrevoir une bascule dans l’attente des populations quant à l’action publique. Ces contestations spontanées de la corruption et du dysfonctionnement des services publics rappellent la première raison d’être d’un État : prendre soin de sa population. Une tâche de plus en plus ingrate selon bien des maires de France [p. 5-6].
Car la question du « prendre soin » (ou du care, selon le terme anglo-américain apparu dans les années 1980) relève aussi du politique. C’est ce qu’explore notre dossier [p. 7 à 18], en soulignant quelques facettes du « prendre soin » : ses fondements éthiques, les valeurs communes qu’il sous-tend, les défis qu’il pose à une société individualiste et néolibérale… 
Au final, le « prendre soin » doit être envisagé comme un élément essentiel de la foi chrétienne, puisqu’il est indéfectiblement lié aux trois vertus théologales de foi, d’espérance [p. 20-21] et de charité. Ces trois vertus, le jésuite Pedro Arrupe a su les vivre au quotidien : sa béatification est en cours [p. 27 à 29]. Et si elles étaient la réponse ultime aux revendications de la Gen Z ?

Claire Lesegretain
redaction@viechretienne.fr


Le 30 septembre 2025, à Madagascar, des jeunes de la Génération Z manifestent place de la Démocratie à Antananarivo, la capitale.
© ZUMA Press, Inc. / Alamy images

 

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