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Un nouvel ouvrage de référence sur les saints et bienheureux jésuites

À la veille de l’année ignatienne 2021-2022, les Editions Vie Chrétiennne vous propose un livre de référence, abondamment illustré, qui rassemble les portraits spirituels des saints et bienheureux de la Compagnie de Jésus. Replacées dans leur contexte historique, ces biographies résument la tradition spirituelle jésuite et peuvent être source d’inspiration pour aujourd’hui.
 

Voici un exemple: 

Qui était saint Robert Bellarmin?
 
Robert Bellarmin ((1542-1621) fut déclaré bienheureux par Pie XI en 1923 et saint le 29 juin 1930. Le même pape le proclama docteur de l’Église en 1931.
 
La vie de Robert Bellarmin se déroule en un siècle particulièrement critique pour les catholiques : la réforme protestante a provoqué l’éclatement de l’Église d’Occident et fait apparaître l’urgence d’une profonde rénovation. Ce fut l’œuvre du Concile de Trente entre 1545 et 1564. Mais il fallut des hommes comme Bellarmin pour que les décisions du Concile passent dans les faits, et qu’ainsi l’Église sorte plus forte de l’épreuve.
 
Une vie toute droite et bien remplie
Né à Montepulciano, petite ville de Toscane en Italie, instruit dans une école qu’y tiennent les jésuites, Robert Bellarmin entre dans la Compagnie de Jésus en 1560 et commence ses études au Collège romain fondé par saint Ignace.
Très vite sa brillante intelligence, sa prodigieuse érudition nourrie par un travail acharné, la netteté et la solidité de sa pensée amènent ses supérieurs à lui confier des tâches d’enseignement et de prédication. Avant même qu’il soit ordonné prêtre en 1570, ils l’envoient à Louvain : les catholiques de cette ville universitaire ont demandé quelqu’un qui soit capable de tenir tête aux prédicateurs protestants de plus en plus influents en Flandre. Bellarmin passe sept ans à Louvain, au cœur des grands débats théologiques.
Devenu très célèbre, il est rappelé en Italie et occupe dans la Compagnie de Jésus des postes de plus en plus importants : professeur, puis recteur du Collège romain, puis provincial de Naples en 1594.
En 1599, le pape Clément VIII le nomme cardinal. Pour Bellarmin, cet honneur est un fardeau qu’il fait tout pour éviter. Devenu malgré lui prince de l’Église, il est membre actif de toutes sortes de congrégations. Nommé archevêque de Capoue, il y passe trois ans riches d’expérience pastorale. Mais le pape préfère garder près de lui ce grand théologien. Il passe le reste de sa vie à Rome où il dépense une énorme énergie au service des papes successifs, dont il est le conseiller écouté et le porte-parole, mêlé à tous les débats du moment.
Que retenir de cette vie toute droite et si bien remplie ?
 
Grand théologien
D’abord Bellarmin a été un grand théologien, à une époque où la foi catholique est ébranlée par les attaques du protestantisme. À Louvain, puis à Rome, où il occupe la chaire de controverse, créée pour réfuter les thèses des théologiens protestants, il passe ses jours et ses nuits à étudier les écrits des réformateurs, à mettre en ordre les réponses à leurs arguments, donnant clairement les positions de l’Église catholique, les appuyant sur l’Écriture, l’enseignement des Pères, des Conciles et des papes.
À partir de 1586, ses cours de controverse, qui portent sur les thèmes brûlants de l’époque – la grâce, les sacrements, l’Église – sont publiés et connaissent un immense succès. Par le sérieux et la profondeur de la pensée, mais aussi par le ton digne et mesuré de l’auteur, à une époque où la polémique se réduit souvent à un échange d’injures et de calomnies, cette œuvre a un tel pouvoir de persuasion qu’elle provoque de nombreuses conversions, et que les réformés, mesurant le danger, multiplient les réfutations.
 
Maître spirituel
Bellarmin a été aussi un maître spirituel : comme recteur du Collège romain, comme provincial, comme directeur spirituel de nombreux contemporains, comme auteur de livres de spiritualité. Son enseignement est foncièrement ignatien : il insiste sans trêve sur la nécessité de l’effort et de la maîtrise de soi. Pour lui la prière continuelle, le renoncement, la promptitude et la vigilance au service de Dieu, la charité en paroles et en actes, la générosité dans l’usage des biens terrestres sont des exigences primordiales pour tout homme appelé par Dieu au service de l’Église.
Ce qu’il enseigne, il le vit. « En dehors de ses études et de sa correspondance, il passait chaque minute ou presque en prière », dit son principal serviteur. Un cardinal décrit ainsi ce qu’il admire le plus en lui : « Une grande humilité, à laquelle cette vaste science que tout le monde connaît ne fait absolument rien perdre ; une austérité sévère pour lui-même qui ne se relâche ni ne s’épargne en rien ; et en même temps un naturel paisible, joyeux, affable. » À une époque où le haut clergé est souvent gangrené par l’appétit du pouvoir et de la richesse, ce prince de l’Église donne l’exemple d’une vie toute d’humilité, de pauvreté et de service. On a beau lui dire que pour l’honneur de l’Église un cardinal doit avoir un train de vie imposant, il ne s’y résout pas. Il considère ses serviteurs comme ses enfants ; sa maison est le refuge de tous les pauvres diables de la ville ; il traite chacun comme un gentilhomme, dit-on avec étonnement dans Rome ; il leur donne tout, jusqu’à son propre matelas.
À Capoue, comme ses contemporains saint Charles Borromée et saint François de Sales, Bellarmin est vraiment l’évêque pasteur de son troupeau, comme l’avait impérativement rappelé le Concile de Trente après les abus et la décadence des périodes précédentes : prêchant partout, visitant les villages les plus reculés pour y rencontrer et instruire les gens simples, réformant son clergé avec douceur et fermeté, multipliant les synodes pour organiser l’application des décisions du Concile.
 
***
 
À la fin de sa vie, dans un petit livre intitulé Le bonheur éternel des saints, Bellarmin exprime sa paisible confiance en la merveilleuse destinée de l’homme, créé par Dieu à son image, aimé et sauvé par lui, appelé à entrer dans sa joie : « Nous pénétrons dans une mer immense de joie éternelle, qui nous comblera à l’intérieur et nous entourera de toute part. »
Et c’est rempli de cette espérance que le 17 septembre 1621 il « rentre à la maison », selon l’expression qu’il aimait employer quand il parlait de sa mort.
 
Colette Savart (1)
 
 
La charité est ce avec quoi nul n’est perdu, et ce sans quoi nul n’est sauvé.

 
(1)  « Visages ignatiens », Sources vives n° 41, 1992, p. 46-49.




Compagnons de Jésus pour aimer et servir
Jacques FEDRY et Marc LINDEIJER
Préface d’Arturo Sosa sj, père général des Jésuites.
416 pages
21 €
En librairies ou à commander ici

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