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Saisie par Dieu à la maternité

À 31 ans, c’est juste après avoir donné naissance à son cinquième enfant que Virginie Toulouse a été chavirée par l’amour inconditionnel de Dieu. Une rencontre qui a bouleversé sa vie.

À 31 ans, c’est juste après avoir donné naissance à son cinquième enfant que Virginie Toulouse a été chavirée par l’amour inconditionnel de Dieu. Une rencontre qui a bouleversé sa vie.

J’ai rencontré Jésus un soir de Noël… J’avais 31 ans, j’attendais notre cinquième enfant. Avec Marc, mon époux, nous avions choisi de passer Noël chez nous, la date de l’accouchement étant assez proche. En fin d’après-midi, je perds les eaux. Panique. Ce n’était pas du tout un scénario prévu. Que faire des quatre enfants une nuit de Noël ? Nos familles étaient loin, nos amis n’étaient pas disponibles… On a trouvé une solution, un vrai miracle. Notre fils Jean est né dans la joie à la maternité. Champagne partagé avec les sages-femmes sur la table d’accouchement.
Alors que j’étais remontée dans ma chambre, au milieu de la nuit, le Seigneur m’attendait. J’ai vécu une expérience indicible de sa présence, de son amour. Je peux seulement dire que j’ai vu « les cieux ouverts, les anges monter et descendre », chantant la gloire de Dieu (Jn 1,51), et que je me suis associée à leur louange, avec cette certitude d’être aimée, telle que j’étais. Jésus venait habiter ma crèche.
 

Le Seigneur s’engageait avec nous

Oui, je connaissais Jésus depuis mon enfance. J’ai grandi avec lui. J’ai toujours eu soif d’absolu, soif d’être vraiment vivante. J’aimais lire la Bible. J’ai rencontré Marc au collège. Très vite, nous avons pris au sérieux ce que nous vivions ensemble. Nous nous sommes mariés très jeunes, insouciants et à la fois conscients que le Seigneur s’engageait avec nous. Oui, Dieu était là dès le commencement.
Le rythme de la vie, le travail pour moi, les études pour Marc, les enfants, l’engagement en paroisse (nous étions le jeune couple sur qui l’on pouvait compter) … Tout allait très vite sans que nous prenions le temps de nous arrêter vraiment l’un avec l’autre. La façade de notre famille était belle, comme un décor de film. Mais derrière, un vide à faire peur. Nous nous sommes perdus de vue, chacun un peu sur des voies parallèles. Nous avons oublié le Seigneur.
Nous avions entendu parler des sessions Cana qu’organise la communauté du Chemin Neuf pour les couples et les familles¹. Nous avons proposé à un couple d’amis qui n’allait pas très bien d’en faire une, et nous nous sommes inscrits pour être avec eux… mais ils ne sont pas venus ! Pendant cette session, nous avons vécu ensemble un grand moment de vérité et de pardon et, pour Marc, la révélation de l’amour du Seigneur dans le sacrement de réconciliation. Pour moi, cela a été un premier pas d’ouverture à la grâce, un désir… C’était une première étape qui préparait sans doute cette rencontre de la nuit de Noël.
La rencontre des frères et sœurs de la communauté du Chemin Neuf nous a bousculés : leur joie, leur simplicité, leur écoute très respectueuse. Nous sommes rentrés de cette session Cana renouvelés, profondément changés. Mais que j’étais lente à croire que le Seigneur pouvait m’aimer comme j’étais !
Cette nuit de Noël, Il est venu me chercher. J’ai vu sa gloire et j’ai vu la misère de mon étable. J’ai vu, dans la pleine lumière, l’état de ma vie, son désordre, ma lâcheté, et ma responsabilité. J’ai chanté la gloire de Dieu pendant des semaines, pendant des mois, et encore aujourd’hui, même dans les heures sombres, l’Esprit Saint continue de chanter en moi. 
Ma vie s’est ordonnée. Contre toute attente, j’ai pris un congé long. J’avais besoin de temps pour accueillir cette présence nouvelle dans ma vie, accueillir Jean, accueillir l’Esprit Saint. Besoin de temps pour réordonner mes relations. J’avais besoin de silence. Besoin de prière. Besoin de lire la Bible. La parole de Dieu devenait incroyablement vivante, elle me parlait réellement, elle sondait mon cœur et me relevait peu à peu. J’ai démarré des études de théologie, toujours avec cette soif de mieux connaître Celui qui s’était révélé à moi. Et quelques années après, j’ai été embauchée par le diocèse au service de la Formation.
 

Enraciner nos vies

Entre-temps, nous avons cheminé avec le Chemin Neuf. C’était là notre terre, nous avions besoin de frères et sœurs pour enraciner nos vies dans le Seigneur et grandir. Nous nous sommes engagés dans la Communauté, heureux de donner nos vies pour travailler sans relâche à l’unité et la paix. 
Après plus de dix ans à la Formation diocésaine, je me suis engagée dans l’aumônerie de la maison d’arrêt de Caen, du côté des hommes. Nous avons été une des premières aumôneries de France à mettre en place le parcours Alpha Prison². Une aventure passionnante. Nous étions aux premières loges pour voir ce que le Seigneur peut faire dans les cœurs, même les plus durs, les plus fermés, les plus abîmés. Nous avons vu des miracles. L’Esprit Saint habite chaque homme, quoi qu’il ait fait.
Notre travail est d’aider à dégager le chemin pour que cette petite lumière en chacun prenne de plus en plus de puissance dans la vie des personnes détenues. Je fais miennes ces paroles du père Maurice Bellet : « Si Dieu est, Il est en l’homme ce point de lumière qui précède toute raison et toute folie et que rien n’a puissance de détruire. Peut-être qu’alors, croire en Dieu consiste en ceci: croire qu’en toute être humain existe ce point de lumière³. » Être des chercheurs de lumière. Être des chercheurs de trésors.

Virginie Toulouse

¹ www.cana-couple.fr
² https://espacealpha.org/alpha-prison/
³ Dans Dieu, personne ne L’a jamais vu, Albin Michel, 2008.

Engagée dans la communauté du Chemin Neuf, Virginie Toulouse est l’auteur de deux ouvrages, aux éditions Mame : Entre les barreaux. Fragments de vies détenues (2021) et Change de vie, deviens bénédiction (2022).

 



Une expérience spirituelle bouleversante après la naissance d’un enfant.
© NataliaDeriabina / iStock
 


 

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