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Courrier des lecteurs du n°14
A propos de la revue
A propos des Témoignages
A propos de l'Air du temps
Paris, le 10 novembre 2011
Ouvrant la revue arrivée hier, j'ai commencé à lire avec intérêt l'éditorial "haute mer". Sans trop y croire toutefois, car avant l'éditorial, le "cliché" de la couverture était un passage obligé qui me disposait mal.
A la page suivante venait « l'air du temps » qui était celui des lecteurs. Pour la première fois avec cette revue, j'ai alors senti la houle et le vent. Nous étions bien en haute mer. Merci à la revue d'avoir libéré la parole.
J'ai moi-même été conduit au divorce en 2004. Cela a été l'expérience la plus dure de ma vie. Je me suis vu comme un naufragé en haute mer. Et si grâce à Dieu- (au sens premier du terme), je n'ai pas coulé, j'en suis resté décapé à jamais.
Vive la revue de haute mer!
La revue a un sens si elle rejoint les personnes là où elles sont. Les risques sont grands pourtant. Mais rappelons nous que d'autres nous ont précédés :Paul savait ce qu'était un naufrage!
Amitiés,
Y. G.
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Le 17 novembre 2011,
Dans la revue de novembre, je lisais le témoignage de Jacques au sujet de son changement de travail, il s’achève sur une conviction : « Autre élément qui me semble tout aussi essentiel, se lancer dans une aventure qui change notre vie, doit être motivé par une envie, une aspiration positive et surtout ne pas être une fuite. »
Là je tique et je me demande pourquoi ? Pourquoi pas une fuite ? Qu'est-ce que la fuite a de si terrible pour qu'elle soit ainsi déclarée inacceptable ?
En y réfléchissant davantage, je réalise que la fuite est un comportement qui est pourtant bien présent dans la Bible : David fuit devant Saül, Jacob fuit Ésaü, Moïse fuit l'Égypte après avoir tué l'Égyptien, les Hébreux fuient l'Égypte et les chars de Pharaon... L'itinéraire spirituel de Jonas et celui d'Élie sont aussi deux fuites ! Et puis, dans l'Évangile aussi on fuit, les disciples fuient au moment de la passion et sauvent ainsi leur vie : Les disciples l'abandonnèrent et s'enfuirent tous. Or, un jeune homme suivait Jésus ; il n'avait pour vêtement qu'un drap. On le saisit. Mais lui, lâchant le drap, se sauva tout nu. (Marc 14, 50-52) Jésus lui-même nous incite à fuir : Lorsque vous verrez le Sacrilège Dévastateur installé là où il ne faut pas - que le lecteur de l'Écriture comprenne ! - alors, ceux qui seront en Judée, qu'ils s'enfuient dans la montagne ; celui qui sera sur sa terrasse, qu'il n'en descende pas et ne rentre pas pour emporter quelque chose de sa maison ; celui qui sera dans son champ, qu'il ne retourne pas en arrière pour emporter son manteau. (Marc 13, 14-16) Et puis il y a aussi la fuite en Égypte de la sainte famille : Après le départ des mages, l'ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l'enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu'à ce que je t'avertisse, car Hérode va rechercher l'enfant pour le faire périr. » Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l'enfant et sa mère, et se retira en Égypte, où il resta jusqu'à la mort d'Hérode. Ainsi s'accomplit ce que le Seigneur avait dit par le prophète : D'Égypte, j'ai appelé mon fils. (Matthieu 2, 13-15) Là, il apparaît carrément que c'est le Seigneur qui commande à Joseph de fuir pour accomplir sa volonté ! Mais alors, si Dieu lui-même peut nous appeler à fuir, n'est-il pas dangereux de nous l'interdire à-priori ?
Attention, je ne dis pas que le salut se trouve toujours dans la fuite, mais il n'est pas non plus systématiquement dans le refus de fuir ! D'ailleurs, dans le principe et fondement, Ignace nous invite à accueillir la volonté de Dieu d'un coeur ouvert à tous les possibles, sans incliner davantage d'un côté que de l'autre afin de bien sentir à quoi Il nous appelle.
L'homme est créé pour louer, respecter et servir Dieu notre Seigneur et par là sauver son âme, et les autres choses sur la face de la terre sont créées pour l'homme, et pour l'aider dans la poursuite de la fin pour laquelle il est créé. D'où il suit que l'homme doit user de ces choses dans la mesure où elles l'aident pour sa fin et qu'il doit s'en dégager dans la mesure où elles sont, pour lui, un obstacle à cette fin. Pour cela il est nécessaire de nous rendre indifférents à toutes les choses créées, en tout ce qui est laissé à la liberté de notre libre-arbitre et qui ne lui est pas défendu ; de telle manière que nous ne voulions pas, pour notre part, davantage la santé que la maladie, la richesse que la pauvreté, l'honneur que le déshonneur, une vie longue qu'une vie courte et ainsi de suite pour tout le reste, mais que nous désirions et choisissions uniquement ce qui nous conduit davantage à la fin pour laquelle nous sommes créés.
Il me semble possible que le refus de toute fuite puisse marquer une forme d'attachement à l'honneur, ce qui peut alors s'opposer à notre avancée sur le chemin où Dieu nous appelle. Dans l'Évangile, Pierre lui-même fait peut-être preuve de cette forme de résistance, au moment même où Jésus va être livré. Jésus leur dit : « Vous allez tous être exposés à tomber, car il est écrit : Je frapperai le berger, et les brebis seront dispersées. Mais, après que je serai ressuscité, je vous précéderai en Galilée. Pierre lui dit alors : « Même si tous viennent à tomber, moi, je ne tomberai pas. » Jésus lui répond : « Amen, je te le dis : toi, aujourd'hui, cette nuit même, avant que le coq chante deux fois, tu m'auras renié trois fois. » Mais lui reprenait de plus belle : « Même si je dois mourir avec toi, je ne te renierai pas. » Et tous disaient de même. (Marc 14, 27-31) Pierre en viendrait à choisir la mort, contre la parole même de Jésus qui pourtant vient de leur donner rendez-vous en Galilée ! Et tous disent de même ! Heureusement pour nous et pour eux, ils s'enfuiront au lieu de mourir !
En fait c'en est comme de toute chose : fuir ou ne pas fuir, le tout est de faire un bon discernement.
Dans le film des hommes et des dieux, les moines décident de ne pas fuir, mais il leur faut du temps pour que cette décision s'éclaire et prenne tout son sens, qu'elle ne soit pas un geste héroïque et vain, mais bien un choix de vivre dans l'amour. Pour Jacques de même, il était sans aucun doute important pour lui que sa décision de partir à l'aventure ne soit pas une fuite, mais dans une autre circonstance, fuir pourra tout aussi bien être un authentique chemin de vie.
À chacun d'y voir clair selon l'Esprit.
X. L.
Pour me situer un peu, je suis membre engagé de la CVX, accompagnateur d'une communauté locale et au Coteaux-Païs Pau. J'en profite pour vous remercier tous pour le travail accompli par la revue.
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Bonjour,
Merci pour votre nouvelle revue que j'apprécie de plus en plus... Je vous joins une réaction au courrier des lecteurs du n°14.
J'ai été sensible à la souffrance des personnes divorcées ou divorcées remariées qui témoignent dans le courrier des lecteurs faisant suite à "l'aventure conjugale". Je suis moi-même divorcée depuis de nombreuses années et je ressens profondément leur attente, leur déception face au silence de l'Eglise, l'absence de dialogue pour se reconstruire.
Pourtant il est possible de se relever, de se reconstruire: des aides, des pistes, des livres existent pour cela. Autre que Cana et d'autres, qui ont déjà une ouverture sur ce sujet.
Des personnes divorcées, divorcées remariées se sont réunies depuis 1991 avec quelques prêtres et Monseigneur Le Bourgeois pour créer des groupes d'accueil, de partge afin de se reconstruire. Une association et un jurnal : "Chrétien divorcés, chemin d'Espérance" ont vu le jour en 1995 et existent encore aujourd'hui. Le journal paraît tous les trimestres : c'est un bulletin de liaison des divorcés, séparés et divorcés remariés, écrit par des divorcés, des divorcés remariés et un prêtre (tous bénévoles). Vous pouvez le découvrir par courriel : chretiensdivorces@yahoo.fr Vous y trouvere un dossier sur un thème (le dernier : "Ose être toi-même", la vie des groupes en France (près de 90 groupes actuellement en activité), des références à des livres qui ouvrent sur le problème. Ouvrez ce courriel vous serez étonnés !
Mais c'est surtout des groupes d'accueil et de partage, qui ont été à l'origine de ma reconstruction. Etre accueilli quand vous êtes en souffrance, qunad vous vous sentez rejeté, que la culpabilité vous habite, partager avec d'autres personnes vivant les mêmes choses que vous, trouvez chez l'autre une souffrance plus grande que la vôtre ... c'est déjà une lumière qui pointe, une confiance retrouvée !
Il y a tout un chemin à faire qui a été tracé par un prêtre psychologue canadien : Jean Monbourquette, qui ouvre vers une libération, une conscience du passé et une espérance vers l'avenir.
Dans le dernier journal n°66 vous trouverez les adresses des régions qui accueillent.
PS : Si je me permets de vous parler de cette association, c'est, qu'après avoir vécu une expérience d'accueil et de partage lors d'un week-end chez les jésuites à Chantilly (il y a fort longtemps !), j'ai voulu faire connaître cette possibilité à d'autres. Nous avons travaillé à l'origine avec un prêtre et Monseigneur Le Bourgeois qui nous a accompagnés jusqu'à sa mort?
J'ai participé pendant 20 ans à l'évolution de cette association et du journal. D'autres divorcés ont pris le relais aujourd'hui. L'Eglise ne nous reconnait pas officiellement mais nous tolère. Les choses bougent quand même un peu : pour l'année de la famille, nous avons été reçus officiellement, pendant deux heures, par Mgr Descubes, responsable, accompagné d'autres personnes, pour nous permettre de nous exprimer sur les familles issues du divorce. Ce fut un dialogue où nus avons été écoutés : nous étions tris dont une personne divorcée remariée.
J. M.
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Le 10 décembre 2011,
Il faut que je réagisse au courrier des lecteurs concernant "l'aventure conjuggale". De par ma propre histoire un peu différente je communie au deuxième témoignage. J'ai remarqué que cette dame ne parlait pas de "l'évangélisation". Mais sa vie est évangélique. Elle témoigne d'un Dieu dont l'amour est sans repentance même dans l'infidélité et de l'acceptation de "perdre sa vie" par amour ce qui est en même temps le témoignage de la foi en l'éternité car sinon comme dit Paul : "Nous sommes les plus malheureux des hommes". C'est d'une espérance qui passe la mort que les hommes ont besoin d'un sens à la vie de vérité et notre prière permet à Dieu de les toucher parce que seul Dieu peut donner la foi.
Les deux autres témoignages parlent du péché. Le péché n'est pas d'abord une faute morale plus ou moins grave. C'est la négation du premier commandement et du fait de faire confiance "aux hommes" et à soi-même plutôt qu'à la parole de Dieu. En fait l'Eglise est beaucoup moins sévère que Jésus lui-même qui n'est pas venu "abolir" mais accomplir. Et pourtant, à son époque et dans sa culture, il est évident que les conditions de vie du mariage, la liberté sociale de choisir n'étaient pas meilleures qu'ici et maintenant. Voir Mathieu 19, 2-10, Marc 10,1-12, Luc 16, 18 et les épîtres de Paul.
Il ne faut jamais oublier que le message de l'Eglise est universel et transcende les temps, les cultures et les modes (polygamie en Afrique, avortement et infanticide en extrême-Orient, instabilité du couple et homosexualité chez nous)
Nous ne pouvons pas affadir le message de Jésus. La référence ici est Dieu et sa Parole. Il faut donc l'approfondir.
Le mot communier signifie une unité de but de désir. Nous devons souhaiter que ce ne soit plus nous qui vivions mais le Christ qui vive en nous, avec son message et son esprit.
Mais nous sommes pécheur, à côté de la plaque et Jésus nous dit "sans moi vous ne pouvez rien faire".
Pour sortir du péché, trois conditions : le reconnaitre comme tel, appeler le Seigneur à l'aide (comme le larron sur la croix), faire ce qu'il faut pour et sortir et réparer.Et là le remariage demande une conversion dramatique. I faut donc rester en marge de la communauté en reconnaissant que pour le moment on ne peut en sortir.
Concernant la femme adultère elle est seule, où est l'homme ? Jésus ne l'excuse pas, ne la justifie pas, ne l'approuve pas et la renvoie à un quotidien qui sera certainement très difficile. Il lui suave la vie au prix d'un plus grand risque pour la sienne et lui enjoint de "neplus pécher". Elle peut le faire n'ayant pas signé un engagement. Cet épisode nous dit aussi que nous sommes tous pécheurs. "Il n'est pas bn que l'homme soit seul". C'est un peu plus général que le couple. Il y a des gens mariés qui sont dramatiquement seuls (et sans liberté) et des célibataires qui sont familialement, amicalement, professionnellement et associativement comblés. Jésus, Paul et un certain nombre d'apôtres étaient célibataires.
La Parole n'était-elle pas pour eux ?
Notre Eglise essaie d'être en accord avec la parole de Jésus. Ce n'est pas facile. Elle a besoin de notre amour, de notre soutien, de notre action. C'est aux laïcs de mettre en place un soutien efficacae aux martyrs du mariage.
Merci de m'avoir écouté.
J. D.
PS : Pour être chrétien il faut vraiment le vouloir. Combien de millions sont privés de leur travail, de leur santé, de leur liberté, de leur vie, pour le rester par la foi et la communion, ils sont du même corps. On peut peut-être faire aussi un peitt quelque chose par solidarité ? ... si on y croit !
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