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Vivre à un rythme différent, par Anne-Dauphine Julliand

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Retrouvez un extrait du livre d'Anne-Dauphine Julliand Deux petits pas sur le sable mouillé qui nous ouvre à une nouvelle façon de vivre le temps qui passe.

 

Mère de trois enfants, elle est aidée par Thérèse, une assistante de vie. Sa fille de 3 ans, Thaïs  est atteinte d’une maladie dégénérescente. Azylis, sa fille de 6 mois, suite à une chimiothérapie, a des gros problèmes de déglutition.
 
 
Thérèse vient à notre secours, presque malgré elle. Car l’une de ses qualités principales, c’est justement la patience. Thérèse a une approche radicalement différente du temps.
Elle s’étonne de nous voir toujours courir après le temps, de râler quand il nous faut patienter, de maudire les files d’attente. Thérèse n’a jamais l’impression de perdre son temps. Elle vit tout ce qu’elle fait. Et elle trouve un intérêt à tous les instants de sa vie. Quand elle donne le biberon à Azylis, elle ne garde pas les yeux rivés sur sa montre. Elle se réjouit de ce moment passé avec elle, sans penser ni au niveau de lait, ni aux minutes qui s’écoulent.

Il en va de même lorsqu’elle l’accompagne à l’hôpital. C’est bien connu, en milieu hospitalier, on attend souvent…et longtemps. Moi, rapidement, je maugrée, je m’énerve, je tourne en rond. Thérèse, elle, voit dans ces hospitalisations l’occasion de faire des rencontres intéressantes, de découvrir un nouveau cadre, de ralentir la course effrénée du quotidien. Parce que, pour elle, l’attente n’est pas un vide ; c’est un état en soi qui peut être source de richesses. Thérèse ne met pas sa vie entre parenthèses quand elle doit patienter, elle continue à vivre à un rythme différent, c’est tout.

Je la regarde faire avec admiration. Et, conquise par sa vision des choses et la sérénité qu’elle dégage, je décide de l’imiter. Difficile apprentissage que celui de la patience. Il me faudra plusieurs jours, des semaines même, avant d’arriver à inverser la tendance et de considérer le temps des biberons d’Azylis comme autant de moments privilégiés avec ma fille. Je me contiens pour ne pas penser à tout ce que je pourrais faire à la place. J’essaie de vivre l’instant, avec calme et douceur. En prenant mon temps.
Cette nouvelle approche, précieux cadeau de Thérèse, va m’être d’une grande utilité.




Extrait de : Deux petits pas sur le sable mouillé  pp 160-161
Anne Dauphine Julliand
Editions J’ai lu n°10432 – avril 2013 - 6.00€