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Repères ignatiens / Repères ecclésiaux - Revue N°40 - Mars 2016

Réelles présences



Et si l'on rencontrait le Christ lors des célébrations?
Et si l'on revigorait cette rencontre en (re)découvrant que le Christ y est réellement présent de quatre manières?
C'est ce que propose Pierre Paure s.j. en revenant aux textes du rituel.
De quoi redonner du souffle à notre désir de le rencontrer, aussu, à la messe.



Pour un catholique français âgé de plus de cinquante ans, pratiquant ou peu pratiquant,
l’expression « présence réelle » est de très haute densité, à la fois d’engagement de foi personnelle
(l’hostie reçue en communion est réellement le corps du Christ) et d’identité confessionnelle
(les catholiques croient à la présence réelle, les protestants n’y croient pas… !).

Présence réelle.
Expression figée, expression drapeau, on ne la voit pas être utilisée par les fidèles
pour un autre élément de la liturgie catholique, que l’hostie reçue en communion à la messe.
Or il se trouve que le texte le plus officiel de l’Église catholique de rite romain concernant la messe,
la Présentation générale du Missel romain,[1] s’exprime ainsi au n° 27 :
« Dans la célébration de la messe où est perpétué le sacrifice de la croix, le Christ est réellement présent dans l’assemblée elle-même réunie en son nom, dans la personne du ministre, dans sa parole et aussi, mais de façon substantielle et permanente, sous les espèces eucharistiques. »

Connaissant la force de l’expression « présence réelle » on aurait pu penser que
dans un texte de telle autorité (il est promulgué par le Pape et régule le rite romain sur toute la terre…)
les espèces eucharistiques soient au moins nommées en premier, et qu’il y ait ensuite plusieurs niveaux ou intensités de présence du Christ.
Or il n’en est rien, à la messe, le Christ est réellement présent de quatre manières.

Voilà une richesse nouvelle à découvrir pour beaucoup de catholiques même fervents et bien formés.
 

eucharistie congres cvxLe Christ réellement présent dans l’assemblée réunie en son nom
 
Juste avant la phrase de la Présentation du Missel romain que nous avons cité, le n° 27 dit : « Le rassemblement local de la sainte Église réalise de façon éminente la promesse du Christ : ‘Lorsque deux ou trois sont rassemblés en mon nom, je suis là, au milieu d’eux’. (Matthieu 18, 20). »
C’est par le baptême que chaque chrétien (pas seulement ceux et celles qui pratiquent le rite romain !)
devient membre du corps du Christ. Les yeux de la foi lui sont donnés pour qu’il puisse désormais
voir réellement en tout membre de l’assemblée réunie au nom du Christ un membre de ce corps.
Dire cela et le croire, ne veut pas dire que c’est toujours facile à réaliser.
Mais parler de réelle présence veut justement dire que, même si je ne le sens pas, c’est réel !
On peut parler aussi de mystère, une réalité qui se découvre progressivement.
Même les justes au jugement dernier disent : « Seigneur quand est-ce que nous t’avons vu ? » (Matthieu 25, 37).
La célébration de l’eucharistie, parce qu’elle est un rite communautaire, peut aider à rencontrer cette présence.
 
Le Christ réellement présent dans la personne du ministre
 
Le ministre désigne ici celui qui préside la célébration de l’eucharistie.
Par la force de l’Esprit Saint dans l’ordination, il a été configuré au Christ.
C’est ce que nous disons au début de la messe, lorsque nous répondons à la salutation du prêtre (Le Seigneur soit avec vous) : « et avec votre esprit », c'est-à-dire avec l’esprit du Christ que vous avez reçu à l’ordination et qui vous institue pasteur de cette assemblée.
Et cette présence est réelle, même si parfois, connaissant les défauts de ce prêtre, ou/et ses fragilités,
j’ai du mal à voir en lui la figure du Christ. Le jeu d’altérité entre lui, qui préside dans la figure du Pasteur,
et les fidèles réunis en son nom, et membres de son corps, constitue réellement le peuple de Dieu,
cela ne dépend pas d’abord de ce que nous en ressentons.
 
Le Christ réellement présent dans sa parole
 
C’est une expérience humaine commune que de goûter la présence d’une personne en écoutant sa parole.
Depuis le bébé avec sa maman, en passant par la rencontre des amis et des amoureux, jusqu’à celle des époux.
Il en va de même lorsque nous écoutons la parole de Dieu dans la célébration.
La présentation du Missel romain dit au n° 29 : « Lorsqu’on lit dans l’Église la sainte Écriture, c’est Dieu lui-même qui parle à son peuple et c’est le Christ, présent dans sa parole, qui annonce l’Évangile. »
Certes, c’est bien (acoustiquement) la voix de la personne qui proclame le texte que nous entendons.
C’est bien aussi (littérairement) l’auteur du texte que nous entendons (Luc, Isaïe...).
Mais réellement, c’est-à-dire, profondément, spirituellement, c’est Dieu que nous entendons, c’est bien lui qui parle.
La liturgie nous aide à entrer dans cette reconnaissance par les acclamations
« ‘Parole du Seigneur’. ‘ Nous rendons grâce à Dieu’ », pour la première et la deuxième lecture, et « ‘Acclamons la Parole de Dieu’. ‘Louange à toi Seigneur Jésus ».
 
Le Christ réellement présent sous les espèces eucharistiques
 
Paradoxalement, bien des chrétiens semblent reconnaître assez aisément le Christ r
éellement présent dans le pain et le vin reçus en communion. On en veut pour preuve le succès actuel de l’adoration eucharistique.
Alors que c’est un acte de foi vraiment pas commun, et dont les différences de compréhension ont déchiré l’Église au cours de l’histoire.
Pour beaucoup de fidèles qui croient assez facilement à la présence du Christ dans les espèces eucharistiques, c’est peut-être à partir de cette foi qu’ils pourront « décongestionner » la présence réelle, en l’élargissant et en l’enrichissant par la richesse des trois autres modes de « réelle présence » du Christ.
 
Pierre Faure s. j.



[1] Ce texte qui se trouve au début du Missel romain, est édité à part sous le titre L’art de célébrer. Présentation Générale du Missel romain, 3ème édition typique, Desclée-Mame, 2008.

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