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Repères ignatiens / Repères ecclésiaux - Revue N°12 - Juillet 2011

L'accompagnement de l'Eglise

Quand les époux échangent leur « oui » devant Dieu, ils inscrivent et incarnent leur alliance dans la suite du lien indéfectible de Dieu avec l’homme. L’Église accorde une grande importance à l’accompagnement des couples.

C’est depuis le 13e siècle que l’Église institutionnelle reconnaît aux oui des époux un caractère sacramentel, signe sensible et réel de la vie divine dispensée, acceptation pour ceux qui la reçoivent dans la foi au Christ que cette vie porte fruit (grâces) en eux.[1] Faire mémoire vivante de cette parole tout au long de sa vie, c’est consentir à ce que Dieu et la communauté des croyants accompagnent les époux et veillent au respect de leur engagement.

Ce que l’Église fait

Avant de recevoir le sacrement, l’Église aide les futurs conjoints à se préparer. Le plus souvent, en groupe, aussi bien en paroisse avec les Centres de Préparation au Mariage (CPM) que dans des centres spirituels ; sinon, individuellement avec des accompagnateurs recommandés. Les modalités sont variables : soit un ou deux jours dans un lieu isolé, soit des rencontres de une à deux heures espacées dans le temps,. Dans tous les cas, il s’agit d’approfondir les dimensions du mariage chrétien, tant anthropologiques que spirituelles, dans une expérience de dialogue entre les futurs conjoints à la lumière de l’Évangile.

Ensuite, tout au long de la vie, car l’amour évolue et surprend, des propositions variées sont offertes pour faire le point et redynamiser la relation conjugale. Soit dans des partages réguliers au sein d’équipes spécialisées (Équipes Notre Dame, Cler), soit dans des sessions de deux et cinq jours tels que les proposent les centres spirituels ignatiens et d’autres institutions chrétiennes (Cana, Fondacio, Vivre et aimer, Amour et Vérité …), soit encore dans une série de soirées dîners tels que « Elle et Lui ».

Enfin, avec ceux qui ont rencontré l’échec, de nombreux chrétiens, laïcs et clercs, n’ont pas attendu que l’institution ecclésiale mette plus de cohérence évidente entre ses pratiques pastorales et la bonne nouvelle de l’Évangile pour marcher avec eux. Ils les accompagnent pour qu’ils retrouvent vie et espérance. Parfois, l’échec est occasion d’un nouveau regard sur l’existence, source de conversion et début d’une vraie vitalité spirituelle. Mais la présence féconde de ces chrétiens auprès des divorcés devrait être mieux connue, car elle aide vraiment les personnes qui en ont besoin : « continuer à être encouragé dans la foi sans être accablé ; […] Vivre une situation limite par l’aspect insoluble qu’elle a pour ceux qui s’y trouvent,…sans s’en accommoder, puisque ce serait humilier l’Évangile[2] »; ne pas rester seul avec une certaine culpabilité, mais retrouver une vraie communauté d’écoute et de partage Il existe des associations (Chrétiens divorcés, chemins d’espérance, Réseau Séparés, Divorcés et Divorcés remariés de la Mission de France, Cana, Centre spirituels ignatiens).

Des questions qui se posent : comment avancer ?

Aujourd’hui, le couple est confronté à des défis nouveaux et complexes : celui de sa durée, avec l’allongement de la vie et sa fin, mais également celui de la procréation assistée, du diagnostic anténatal, de l’homosexualité… des questions existentielles et éthiques. L’Église a le souci de proposer des pastorales appropriées à ces situations nouvelles ; mais son discours, fondé sur des bases théologiques et spirituelles devrait mieux prendre en compte l’apport des sciences humaines. Car chaque personne est en devenir ; maturation humaine et spirituelle sont complémentaires.

Parmi les questions posées à l’Église, celle récurrente dans tous les synodes diocésains et toujours dans l’impasse : les divorcés remariés. Refusant tout laxisme, l’Église rappelle que le mariage entraîne un devoir de fidélité au regard d’un engagement indissoluble et soutient tout ce qui peut sauver la communauté conjugale. Mais ne pourrait-elle pas pourtant reconnaître l’inévitabilité de certains échecs comme la réflexion morale contemporaine en a pris acte ? Certains mariages meurent de fait. Cela ne permettrait-il pas de reconsidérer certains aspects de la doctrine catholique sur l’indissolubilité du mariage qui interdit l’accès des divorcés remariés aux sacrements, provoquant parfois l’éloignement définitif de la communauté ecclésiale ? Le malaise touche des personnes exclues et isolées, privées des signes effectifs de la grâce divine (pain de vie et pardon), mais aussi tous les pasteurs écartelés entre les directives qu’ils doivent respecter et les situations dramatiques qu’ils rencontrent. Quelle ouverture trouver pour plus de cohérence ?

Pour réintégrer les divorcés remariés, certains préconisent d’assouplir la reconnaissance en nullité du mariage en particulier pour les couples avec enfants. D’autres y sont opposés, percevant cette démarche trop juridique et trop étrangère à leur vécu. Des travaux de recherche sont menés sans relâche avec des conclusions parfois aux antipodes. Comment favoriser une confrontation constructrice de ces différentes positions ? À l’intérieur de l’Église catholique ? Mais ne pourrait-on pas initier aussi une recherche théologique, scripturaire, anthropologique avec protestants et orthodoxes ? Le partage et la confrontation des pratiques et des points de vue associés à la prière ne permettrait-elle pas de recevoir de l’Esprit des ouvertures inattendues ?  Ne serait ce pas alors une vraie avancée œcuménique d’ouvrir ensemble ce chantier à la fois pastoral et théologique?
 
Claire Le Poulichet
 

[1] Catéchisme de l’Église catholique – 1131.
[2] Maurice Bellet « Injustifiables sans culpabilité » dans Christus, n° 226 HS, mai 2010.
 
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