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Ecole de prière - Revue N°29 - Mai 2014

Examen particulier : se laisser instruire par son quotidien

 
« Il comprend trois temps et deux examens de conscience chaque jour.
 
24 Le premier temps est le matin. Aussitôt qu'on se lève, on doit se proposer de se tenir soigneusement en garde contre le péché ou défaut particulier dont on veut se corriger et se défaire.
25 Le second temps est après le dîner. On commencera par demander à Dieu, notre Seigneur, ce que l'on désire, c'est-à-dire la grâce de se souvenir combien de fois on est tombé dans ce péché ou défaut particulier, et celle de s'en corriger à l'avenir; puis on fera le premier examen, en se demandant à soi-même un compte exact de ce point spécial, sur lequel on a résolu de se corriger et de se réformer. On parcourra donc chacune des heures de la matinée, que l'on peut aussi diviser en certains espaces de temps, selon l'ordre des actions, en commençant depuis le moment du lever jusqu'à celui de l'examen présent; puis on marquera sur la première ligne de la lettre J 8 autant de points que l'on est tombé de fois dans ce péché ou défaut particulier. Enfin, on prendra de nouveau la résolution de s'amender du premier au second examen.
26 Le troisième temps est après le souper. On fera le second examen, aussi d'heure en heure, en commençant depuis le premier, puis on marquera sur la seconde ligne de la même lettre J autant de points qu'on est tombé de fois dans le péché ou défaut particulier dont on travaille à se corriger. » Exercices spirituels de saint Ignace, annotations 24-26.
 
 
 
 
Entrer dans les Exercices par la reconnaissance de l’objectivité du réel.
Entrer dans la proposition des Exercices demande d’en éprouver d’une manière vitale le besoin, celui d’ordonner, d’unifier sa vie. C’est la perception d’un grave déséquilibre en soi qui en est la cause. Deux voies principales s’offrent à nous, celle de la considération générale, celle du Principe et Fondement, celle dont Ignace a usé envers Xavier : « A quoi sert à l’homme de gagner le monde s’il vient à en perdre son âme », ou celle de la considération particulière, celle de Pierre Favre, celle de l’examen [la prière d’Alliance]. Dans cette seconde voie, il y a l’examen particulier. Une manière qui convertit dans la douceur notre rapport au réel, en nous donnant d’en avoir une perception plus objective des choses.
 
Une mise en œuvre de toutes nos facultés.
A la lecture du texte, nous découvrons l’attitude que promeut Ignace. Il s’agit de vouloir un progrès dans le comportement [sans peur d’un certain volontarisme, « se proposer de se tenir soigneusement… »], mais de demander [« la grâce de se souvenir »], de constater. Puis il y aura la possibilité dans la durée, si cela convient [les additions *] de comparer, de regretter… C’est un chemin d’une connaissance de soi, factuelle, expérimentale, qui aide à sortir à la fois de la culpabilité [comme Pierre Favre] ou de l’évitement. C’est un exercice qui met en œuvre nos diverses facultés : il s’agit d’être volontaire, de se souvenir, puis d’user de son intelligence dans les comparaisons. C’est une démarche qui peut être mise en œuvre loin de toute foi explicite. Mais c’est une démarche qui porte du fruit.
 
Un fruit : le réel ressenti devient mon ami
Ainsi un étudiant ingénieur que j’accompagnais avait repéré qu’il souffrait d’un grave défaut en examen, défaut qui mettait en jeu son diplome. En examen, il ne savait pas quitter une question qu’il ne savait pas résoudre pour aller grappiller des points ailleurs en répondant aux questions dont il connaissait la réponse… Nous avons passé contrat. Pour ses séances quotidiennes de révision, il établirait un programme avec une matière à réviser par heure. L’enjeu pour lui : s’habituer au passage. Il noterait comment cela se déroulait. Chaque semaine, nous ferions un point. Il est entré généreusement dans la démarche. Au bout de trois semaines, sans trop savoir comment, mais en rendant compte fidèlement de sa démarche, il avait appris à tenir son timing, en sachant renoncer à aller plus avant sur un point pour honorer son prévisionnel. Il a parfaitement réussi sa période intensive et a été diplômé.
 
De la même manière, cet exercice a été pratiqué par chacun dans une communauté locale, durant un mois. Chacun a choisi un point de vigilance. L’aide communautaire a permis de durer et a rendu chacun de ses membres bien plus conscient et reconnaissant de la présence bienveillante de Dieu en chacun de leurs quotidiens. Voilà le fruit principal : l’occasion, dans le même souffle, de retrouver cette grâce d’offrir la journée au lever, parfois seulement dans sa voiture avant de la quitter sur le parking de l’entreprise… de s’éveiller en Dieu, de s’ouvrir à sa présence quotidienne.
 
L’examen particulier est bien cette aide puissante pour se rendre présent à notre quotidien tel qu’il est constatable, y vivre l’alliance dans l’instant.
Jean-Luc Fabre s.j.
Assistant national CVX
 

Pour aller plus loin…

Les additons

Ignace propose quatre aides supplémentaires à ces trois temps de la journée, ce sont les « additions »
L’addition est là pour aider le retraitant à mieux trouver ce qu’il cherche lorsqu’il a déjà commencé. Cette attitude est pleine de vie, il s’agit de commencer, d’éprouver et dans la situation, il sera donné de s’ajuster, d’avancer plus avant. L’addition signe la recherche d’un progrès réaliste et non un perfectionnisme.

Quatre additions (*)

Dont l'observation aidera à se corriger plus promptement du péché ou défaut de l'examen particulier.

27 Première addition. 9 Elle consiste, chaque fois que l'on tombe dans le péché ou défaut de l'examen particulier, à porter la main sur la poitrine en s'excitant intérieurement à la douleur: ce que l'on peut faire, même en présence de plusieurs, sans être remarqué.

28 Deuxième addition. Comme la première ligne de la lettre J indique le premier examen, et la seconde le second, on observera le soir, en comparant la première et la seconde ligne, s'il y a amendement du premier au second examen.

29 Troisième addition. Comparer le second jour avec le premier, c'est-à-dire les deux examens du jour présent avec les deux du jour précédent et voir si d'un jour à l'autre on s'est corrigé.

30 Quatrième addition. Comparer également une semaine avec l'autre et voir si, dans la semaine qui vient de s'écouler, le progrès a été plus notable que dans la semaine précédente.

31 Il faut remarquer que les premières lignes J, qui sont les plus longues, marquent le dimanche; les secondes, qui sont plus courtes, le lundi; les troisièmes, le mardi; et ainsi de suite.

 

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(*) : extrait des " Exercices spirituels de saint Ignace de Loyola",
      traduction du texte espagnol par le P Pierre Jennesseaux s.j., de l'édition de 1913

 

 
 
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